1. La cartographie réseau défensive avec Nmap

Nmap (Network Mapper) est le standard mondial incontournable de découverte réseau et d’audit de sécurité. Dans une posture défensive, l’administrateur utilise Nmap pour cartographier l’intégralité des équipements connectés et auditer les services ouverts :

# Découverte des hôtes actifs sans scan de ports (Ping Sweep) :
nmap -sn 192.168.1.0/24

# Scan TCP SYN furtif des 1000 ports les plus fréquents avec détection de versions :
nmap -sS -sV 192.168.1.50

# Scan complet de tous les ports (1 à 65535) avec scripts de vulnérabilités standards :
nmap -p- -sV -sC -O -oA audit_serveur 192.168.1.50
  • -sS (SYN Scan) : Envoie des paquets TCP SYN et analyse les réponses SYN-ACK ou RST sans finaliser la connexion (three-way handshake non complété).
  • -sV (Version Detection) : Interroge les bannières applicatives pour identifier la version exacte du service (ex. Apache 2.4.52 ou OpenSSH 8.9p1).
  • -sC (Script Scan) : Exécute les scripts NSE (Nmap Scripting Engine) pour détecter des configurations faibles ou des failles connues.

2. Utilisation des scanners de vulnérabilités automatisés

Pour dépasser la simple détection de ports et corréler les versions logicielles avec les bases mondiales de vulnérabilités publiques (CVE – Common Vulnerabilities and Exposures), l’emploi d’un scanner automatisé est indispensable :

  • OpenVAS / Greenbone Community Edition : Solution open-source majeure de scan de vulnérabilités d’infrastructure permettant d’analyser périodiquement l’ensemble d’un parc informatique.
  • Nikto : Scanner en ligne de commande spécialisé dans la détection de serveurs web mal configurés, fichiers oubliés (fichiers de sauvegarde .bak, .git exposés) et scripts obsolètes.
  • Score CVSS (Common Vulnerability Scoring System) : Standard mesurant la gravité intrinsèque d’une faille sur une échelle de 0.0 à 10.0 en fonction de critères objectifs (vecteur d’accès, complexité, privilèges requis, impact sur la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité).

3. Déontologie et cadre légal des audits de sécurité en Suisse

Le scannage et l’audit de systèmes informatiques sont strictement encadrés par le Code pénal suisse (articles 143 et 143bis CP réprimant l’accès indu à un système de traitement de données) :

Règle intangible : Il est formellement interdit de scanner ou de tester un système d’information sans autorisation écrite préalable, explicite et signée par le propriétaire légitime du système (Convention d’audit / Ordre de mission).

Exercice guidé : Réalisez un scan Nmap sur une machine virtuelle de laboratoire isolée, extrayez la liste des ports ouverts, déterminez si des services non chiffrés y figurent, et proposez le plan de fermeture des ports non requis.